26 points d’émission, dont seulement 4 dans la salle
Le chiffre surprend au premier abord puisque Free a installé 26 points d’émission au total dans l’Olympia, mais 4 seulement se trouvent réellement dans la salle de spectacle. Le reste couvre les coulisses, les loges, les parkings et les sous-sols techniques d’un bâtiment qui s’étend sur 9600 mètres carrés et 8 niveaux ! La salle visible du public n’est que la partie émergée d’un ensemble qui descend jusqu’au niveau -5.
Ce que peu de spectateurs savent, c’est que la salle actuelle est une reconstruction fidèle de l’Olympia d’origine. Enterrée dans les années 1990 pour laisser place à un projet immobilier voisin, elle a été rebâtie à l’identique, ce qui a permis au passage de gagner toute une infrastructure de sous-sols qui n’existait pas auparavant. Particularité technique moins connue, la salle repose sur vérins pour permettre de basculer entre configuration assise et configuration debout. Cette mécanique explique aussi une sensation proche du trampoline quand plusieurs milliers de personnes dansent en configuration debout (jauge de 2000 personnes), pensée pour absorber les vibrations d’un public électro, urbain ou rock.
Les sous-sols abritent aussi les locaux techniques du bâtiment (poste transformateur EDF, climatisation, plomberie) et un parking capable d’accueillir 18 semi-remorques, avec un rond-point permettant à un semi de faire demi-tour sans manœuvrer sur seulement 120 degrés. Cette logistique enterrée permet à l’Olympia d’organiser entre 280 et 300 événements par an, avec montage et démontage quasiment quotidiens. Contrairement à d’autres salles parisiennes contraintes par le voisinage, tout se passe en sous-sol, l’Olympia peut démonter à 1h du matin sans déranger personne, ce qui a aussi facilité les interventions nocturnes de Free sur le chantier.
Une infrastructure ouverte, en théorie, à tous les opérateurs
Sur le papier technique, l’installation déployée par Free n’est pas exclusive. Omar Naouar, Directeur End-to-End Performance chez Free, décrit un système où l’infrastructure centrale déployée par l’opérateur permet aux concurrents de s’y raccorder, un peu à la manière de la fibre dans un immeuble. “C’est un peu plus technique, mais disons qu’on a des parties centrales qui permettent aux autres de se raccorder dessus“, précise-t-il, à condition que ces opérateurs en fassent la demande et s’accordent avec l’Olympia. Deux accords distincts sont nécessaires, l’un avec l’Olympia pour l’installation physique, l’autre avec Free pour le raccordement technique, ce qui conditionne la rapidité d’un éventuel déploiement multi-opérateurs. C’est aussi ce qui explique qu’à l’heure actuelle, seuls les abonnés Free soient assurés de capter la 5G+ dans la salle.
Camoufler sans dénaturer, la contrainte patrimoniale
Le principal défi du chantier tient moins à la technique qu’à l’invisibilité qu’elle impose. L’Olympia fait par ailleurs partie du quartier d’affaires Édouard VII, un ensemble immobilier de 120 000 mètres carrés dont la salle n’occupe qu’une fraction. Dans ce bâtiment classé où chaque câble doit trouver un chemin discret, les équipes évoquent une difficulté commune aux lieux confinés, celle de dissimuler l’ensemble de l’infrastructure plutôt que de la déployer, sans câble apparent ni goulotte visible.

Les quatre antennes visibles dans la salle elle-même ont été repeintes en noir pour se fondre dans l’architecture. Le calendrier des travaux s’est aussi plié à celui de la salle, où les montages et démontages de spectacles se succèdent quasiment tous les jours, sauf lors de résidences plus longues. Les travaux, toujours en cours au moment de la visite, doivent s’achever d’ici la rentrée, avec un objectif affiché d’être opérationnel avant octobre 2026.

Priorité aux abonnés Free, le reste dépendra des autres opérateurs
Une fois le chantier terminé, les abonnés Free bénéficieront automatiquement de la 5G+ dans l’ensemble de la salle. Pour l’instant, pour les autres opérateurs, la couverture dépendra de la qualité du réseau environnant et de la volonté de leur opérateur de se raccorder à l’infrastructure mutualisée. Le déploiement suit une logique de sectorisation, avec une densité d’antennes calibrée sur la fréquentation attendue de chaque zone plutôt qu’une couverture uniforme.
Côté Free, Omar Naouar résume la priorité : “le premier des services, c’est que spontanément le public et les abonnés Free puissent les utiliser”, avant d’ouvrir, le cas échéant, à des projets pensés avec les producteurs et les artistes eux-mêmes. Pour l’Olympia, la démarche s’inscrit dans une continuité historique. Selon Morgane Chogon, Directrice Commercial et Développement de l’’Olympia, “c’est dans l’ADN de l’Olympia d’accueillir des jeunes talents“, une salle qui a toujours suivi l’évolution des usages du public depuis 130 ans. Le chantier se présente aussi comme une continuité de déploiements déjà réalisés par Free, notamment au Palais des Festivals de Cannes.
Fiabilité et sécurité
Sur la fiabilité du réseau, l’équipe Free avance un chiffre simple : “notre réseau est disponible à plus de 99 %“, avec une distinction claire entre incidents liés à son infrastructure propre et ceux relevant d’un opérateur tiers une fois le raccordement mutualisé ouvert.
Enfin, question inévitable sur ce type d’installation, le risque pour la santé lié à la présence de plusieurs antennes dans un lieu clos. Free assure que le déploiement respecte les normes d’émission en vigueur, avec des puissances d’émission maintenues sous les seuils réglementaires sur l’ensemble des sites où l’opérateur installe ce type d’infrastructure.
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